La mort décroche souvent l'âme d'un moment inapproprié laissant la trace d'une vie inachevé et une peine à son entourage. Pourtant ce n'est pas ce vieux monsieur qui illustrera un parfait exemple
de cet écrit. Bien heureux qu'il puisse être, déjà trop vieux pour s'exercer, et ayant acquis une sagesse irréprochable, c'est sur son lit de mort que son âme s'en ira dans les cieux pour
accompagner ces vieux amis déjà pris par notre amie la faucheuse. Il n'était en aucun cas malade, des médecins lui ont d'ailleurs assuré qu'il pourrait vivre encore une décennie et bien qu'il
croyait fort à la science il savait que ce soir serait sa dernière heure. A vraie dire il s'y était préparé.
Il était dans sa modeste chambre d'un goût assez prononcé mais humble, il avait appelé sa famille proche pour leur attester de sa mort. Ceux-ci s'empressèrent aussitôt de lui venir en aide, trop
bien attaché à ce vieux pour qu'il s'endorme à jamais. Ainsi, trois autres personnes ce trouvait dans cette chambre, deux de ces garçons et son petit fils encore enfant mais qui savait faire preuve
de maturité, tous trois devant ce sinistre lit. Ces autres proches habitant trop loin pour lui rendre cette visite, pleurait déjà au loin à sa disparition. Quant à nos protagonistes, ils restaient
silencieux et tendu face à cette nouvelle. Le vieux voyant que le plus jeune était celui qui avait le plus de peine fit partir le reste de la famille pour concerter avec le petit. Il lui posa cette
question :
- Pourquoi es-tu si triste de me voir mourir?
- Mon papy je t'aime et je suis triste de te voir dans cet état. Je ne veux pas que meurt.
- Ce n'est pourtant pas dramatique.
Sur ces mots, l'enfant pleura. Le fil de sa dernière phrase fut abattre toute la pression que s'exerçait sur ce jeune en explosant en larme. Il s'était dit qu'il serait assez fort pour cette
épreuve, mais son insouciance pris le dessus sur sa raison.
Le vieux et le jeune s'étaient toujours bien entendu. Alors que les âges les séparaient, ils s'en étaient servis pour nouer des liens encore plus fort. Le vieux lui narrer ses aventures et lui
faisait part de son expérience, tandis que le jeune lui rappelait toutes les étapes de son enfance et la joie d'une descendance accomplie.
A ce moment présent, regardant l'état triste du garçon, il lança un sourire apaisant.
- La mort est une étape comme une autre, c'est même l'étape final qui vient honorer notre vie passé sur Terre. Sans elle nous serons rien.
Nous ne connaissons rien de la mort, nous savons juste ces prémices et ses conséquences et encore ceux-ci sont pour la plupart faussées. Nous tournons autour sans pour autant la cerner, en faîte
nous ignorons totalement ce qu'elle est. Ce n'est pas parce que nous l'ignorons qu'elle est forcément mauvaise et au contraire, tout nous indique qu'elle est quelque chose de positif.
-Comment ça?
- La mort est le détachement de l'âme au corps, un délivrance. Lorsque notre vie s'éteint, l'âme s'éloigne du corps qui l'a piéger pour jouir d'une totale liberté. Évidemment, il faut s'y préparer,
développer son âme et accéder au bonheur pendant que l'on vit. C'est la meilleur méthode pour évader son âme et le préparer pour notre mort futur. Nous devons penser le plus possible, détenir les
vérités. Philosopher c'est aussi apprendre à mourir.
- Mais la mort c'est le mal.
-En es-tu certain? Si aujourd'hui je te disais qu'il te reste une semaine à vivre, que ferais-tu?
- Je profiterai un maximum du temps qu'il reste.
- Donc tu vois, la mort n'est pas si mauvaise que ça en soit. Si nous ne mourrions, nous n'aurions aucune raison d'exister. Nous marcherions amèrement sans avancer ni savoir où aller. La mort nous
aide à avoir des objectifs et à les accomplir pendant que l'on vit, et plus tu te diras que ta mort est proche, plus tu feras de grandes choses parce que tu respecteras la vie. La mort n'est pas
une souffrance, elle nous aide à choisir, à réfléchir parce que tant qu'il y a une fin, il y aura une raison d'exister. La mort nous fait accomplir notre mission dans la vie. C'est le sens réel de
la vie, elle vient nous donner perfection et l'éternel. De même qu'il ne faut pas trop s'accrocher à la vie, dès lors que tu t'y détaches, que tu penses qu'elle est là comme source d'étaler sa
pensée, de faire ressortir ton âme, de devenir un sage car tu penses déjà à l'immortalité à l'état pur.
Ce que tu voulais dire tout à l'heure, c'est que la maladie est un mal, les accidents sont des maux aussi, ce qui est normal car elle arrive brusquement et donne une sensation de vie incomplète.
C'est pourquoi il faut profiter de tout les moments de la vie et de penser à ne pas faire d'erreur. Mais la mort n'est pas accidentel et est notre destiné à tous.
- Moi je ne suis pas heureux. Ta mort m'attriste et je veux pas mourir. Je veux pas croire que c'est bien de mourir alors qu'on ne pourra plus jouer comme avant. J'ai peur que tu meurs et j'ai peur
de mourir.
- C'est normal que tu en es peur car tu es encore jeune et tu n'as pas encore accompli une mission. Je sais que tu as des rêves pour l'avenir et que tu souhaites les accomplir, tu seras prêt à
mourir dès lors que tu auras rempli ta mission. Et si tu as peur de ma mort, c'est parce que tu as peur de la tienne. Dès lors que nous avons liés des liens, je suis devenue une partie de toi. Je
fais partie de te famille, je t'ai éduqué comme je l'ai pu, nous avons aussi joué ensemble. Tout cela on créer comme une âme qui lié les notre. Si je meurs, une partie de toi meurs. Mais nous ne
mourrons pas de la même façon au même niveau que nous ne vivons pas de la même façon. Ma mort ne t'indiquera rien sur la tienne. Il existe tout un tas de concevoir la manière de faire les choses,
la mort n'en fait pas exception, sauf que dans son cas elle est produite par un facteur hasard.
- Pourquoi nous avons pas le droit d'être invincible? C'est pas juste de vivre et ensuite mourir.
- L'homme de tout temps à chercher à devenir immortel. Il créa le mythe de la pierre philosophale pour être éternel sauf que ce qu'il ne sait pas c'est que la mort rend l'âme éternel.
Aujourd'hui encore nous recherchons beaucoup à rester immortel. On construit des mémoriaux, on se pousse à laisser une image de soi. Et pourtant quand nous serons mort, nous n'aurons plus besoin de
nous soucier d'avoir laisser une image de soi à la vie. L'homme fait partie de la nature, comme tout, il naît, s'épanouie et ensuite meurt. Il peut renaître aussi sous une autre forme lorsqu'il
créer des descendances et cela devrait lui suffire pour laisser une part d'immortalité dans la vie. Pourtant, la mort est l'immortalité de l'âme, une fois mort l'âme ne peut plus se dégrader car il
n'a plus le corps pour être malade. Notre culture humaine veut surpasser la mort mais cette culture lui fait souffrir au plus haut point, s'en est même le malaise principal des dépressifs et des
angoissé car ils refusent la mort et la considère comme une fatalité.
D'une fatalité de la mort, ou plutôt d'un destin comme le disait ce sage, alors qu'il avait accompli une dernière fois sa mission, celle d'ouvrir l'âme de l'enfant, son âme préparé à mourir quitta
son corps s'il ne l'était déjà pas, pour devenir en immortel. L'enfant, lui, ne pleura pas. Même s'il n'eut pas le temps de discuter et d'extérioriser les pensées, ils avaient écouté avec attention
les dernières paroles de son grand-père. Il avait compris que la vie n'était qu'une étape à surmonter, et de cette conscience il en retiendra que le principal est de délivrer sa pensée et de
profiter tant qu'il lui peut de son temps à vivre.
Pendant l'enterrement qu'il suivit la semaine suivante, toute la famille était sur le deuil. Le garçon quand à lui souriait de la mort de son ''maître'' pour apaiser toutes les souffrances et
pleurs des autres qui planaient autour de lui. Il ne voulait pas pleurer de la mort car c'était elle qui nous faisait sentir vivant.
"Ce que la mort exige, c'est une préparation sans préparatifs"
Vladimir Jankélévitch